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Infections à hantavirus et risques pour les dons de produits issus du corps humain

Les hantavirus sont des virus dont le réservoir naturel est constitué par différentes espèces de rongeurs. L’humain s’infecte surtout par inhalation de poussières contaminées par des déjections (salive, urine, fèces) de ces rongeurs ou plus rarement par morsure ou par voie gastro-intestinale. L’infection humaine comporte des formes asymptomatiques, des formes fébriles pures et des formes hémorragiques avec syndrome rénal. En France, la plupart des infections à hantavirus –observées essentiellement dans le quart nord-est de la France métropolitaine (si on exclut les quelques cas d’infection à virus Maripa survenus récemment en Guyane) - est due à l’espèce Puumala pour laquelle les contaminations interhumaines sont exceptionnelles.

À la suite d’un début d’épidémie à hantavirus par l’espèce Puumala dans les départements du Jura et du Doubs en mars-avril 2021, pour laquelle des mesures conservatoires sur les dons du sang avaient été mises en place, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a été saisi par la Direction générale de la santé afin d’obtenir une expertise sur les mesures prises mais aussi sur les risques potentiels dus aux hantavirus pour les dons de produits issus du corps humain (PCH).

Sur la base d’une revue de la littérature et de données épidémiologiques françaises et européennes, le présent avis détaille les différents types d’hantavirus pathogènes chez l’humain et leur circulation dans le monde, la fréquence des infections liées à ces virus ainsi que leurs modes de transmission, en particulier dans le cadre des dons de sang ou autres PCH.

Compte tenu du très faible nombre de cas rapportant une transmission de virus Puumala par des dons de sang, d’une modélisation de ce risque actualisée par Santé publique France et le Centre national de référence (CNR) des hantavirus de l’Institut pasteur de Paris, de l’absence de prise en compte de ce risque dans les pays européens (Finlande, Suède, Allemagne, Autriche …) beaucoup plus touchés chaque année par des vagues épidémiques à virus Puumala, et des conséquences délétères sur les stocks de produits sanguins si des mesures d’exclusion venaient à être prise tant sur le territoire national que pour les voyageurs revenant de zones d’endémie, le HCSP recommande :

  • de ne pas recourir à des évictions de donneurs de PCH dans un contexte d’épidémie à virus Puumala ;
  • de renforcer l’information post-don dans les zones exposées ;
  • de poursuivre la veille épidémiologique en partenariat avec le CNR des hantavirus et avec les instances européennes de santé, afin de mieux cerner la physiopathologie de l’infection à hantavirus.

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