Date du document : 25/11/2025
Date de mise en ligne : 15/12/2025
Depuis le 16 mars 2022, il existe une contre-indication temporaire au don de sang pour les donneurs de sang ayant fait l’objet d’un traitement préventif pré-exposition (PrEP) au virus de l'immunodéficience humaine (VIH) par voie orale au cours des 4 derniers mois. Depuis quelques mois, deux spécialités de PrEP par voie injectable, non encore commercialisées en France, ont été autorisées dans l’Union Européenne, l’une à base de cabotégravir et l’autre à base de lénacapavir.
Aux USA, la Food and Drug Administration, au regard de la longue durée de vie de ces molécules, a préconisé une durée d’ajournement de deux ans, durée reprise par l’European Centre for Prevention and Disease Control dans ses lignes directrices du 29 septembre 2025. Cette prudence est également liée à la potentielle aptitude des antirétroviraux injectables, notamment le cabotégravir, à perturber les tests virologiques et à retarder le diagnostic de primo-infection, phénomène désignée sous le terme « long acting early viral inhibition » ou LEVI. Bien que la stratégie diagnostique pratiquée en France pour les dons de sang, qui associe sélection des donneurs, association de tests individuels sérologiques et génomiques performants sur chaque don, et surveillance de l’hémovigilance, paraisse en mesure de réduire très significativement les difficultés de diagnostic signalées dans les essais mentionnés sous le vocable LEVI, un grand nombre d’inconnues subsistent parmi lesquelles la variabilité pharmacocinétique interindividuelle sur le long terme des molécules injectées, pouvant persister dans l’organisme jusqu’à 25 mois après la dernière injection, et le risque de sélection de mutants résistants au VIH. Aussi, dans l’attente de l’évolution des données épidémiologiques et de connaissances scientifiques plus robustes sur le sujet, le Haut Conseil pour la Santé Publique recommande (i) d’adapter le questionnaire pré-don en introduisant un item pour les candidats au don ayant eu recours à la PrEP injectable, en veillant à bien les identifier et les différencier des candidats sous PrEP orale, et (ii) d’ajourner de deux ans les candidats au don après la dernière injection de PrEP pour les deux molécules précitées bientôt disponibles en France, avec la précaution de pouvoir revenir sur cette durée en fonction du devenir des stratégies de PrEP injectable pour la prévention de l’infection par le VIH.
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