Le protocole « greffe dérogatoire VIH », publié en annexe de l’arrêté du 5 juillet 2021 qui encadre les greffes d’organes entre donneurs et receveurs séropositifs pour le VIH, s’inspire du protocole HOPE Act (HIV Organ Policy Equity) lancé en 2016 aux États-Unis dans le but d’élargir l’accès à la greffe pour les patients infectés par le VIH tout en garantissant leur sécurité. Au vu des résultats positifs du protocole américain publiés récemment (2021-2026) et des résultats encourageants obtenus en France, la Direction générale de la santé a sollicité l’avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) sur différents points relevés par le groupe d’experts de l’Agence de la biomédecine (ABM) visant à une révision de ce protocole afin de simplifier le recrutement des donneurs et des receveurs. Après étude des données collectées par l’ABM, des données récentes de la littérature et des pratiques en vigueur dans les autres pays, le HSCP valide l’ensemble des modifications proposées :
- pour les critères d’inclusion des donneurs décédés :
- privilégier l’information de la négativité de la charge virale au seuil de 50 copies/ml au moment du don au détriment d’autres données virologiques de suivi virologique requises auparavant si elles ne sont pas disponibles ;
- autoriser l’inclusion des donneurs de la catégorie III de Maastricht (arrêt circulatoire après décision d’arrêt des thérapeutiques) ;
- supprimer la biopsie hépatique systématique ;
- pour les critères d’inclusion des donneurs vivants, remplacer la biopsie rénale systématique par un score de risque individuel selon un algorithme validé ;
- pour les critères d’inclusion des receveurs, redéfinir le caractère « bien contrôlé » de l’infection en se basant sur l’avis de l’équipe médicale avec absence d’échappement thérapeutique récent en utilisant un seuil de charge virale de 200 copies/ml.
Par ailleurs, le HCSP :
- recommande de revoir l’arrêté du 13 juillet 2021 et d’intégrer les modifications ci-dessus dans le cadre scientifique et réglementaire d’un protocole commun aux greffes dérogatoires d’organes provenant de sujets infectés par le VIH ou les virus des hépatites B et C ;
- encourage la mise en œuvre d’études multidisciplinaires, à l’instar des travaux conduits sur la cohorte HOPE aux États-Unis, concernant les greffes d’organes effectuées à l’échelle de la France et de l’Europe entre sujets séropositifs pour le VIH.